Ce chapitre a pour but de casser quelques idées reçues sur le marketing.

Si vous êtes débutant en marketing à la fin de votre lecture vous serez capable de mieux travailler en équipe avec les personnes qui ne maîtrise pas le marketing. Vous saurez également comment faire du marketing qui soit éthique. Puis vous saurez comment vous repérer les éventuelles arnaques que l’on peut trouver en termes de formations marketing.

On démarre tout de suite avec la première idée reçue et non des moindre, elle concerne l’utilité même de cette discipline. Comment expliquer à vos collègues que le marketing ce n’est pas du vent ?

Le marketing c’est du vent

Nombreux sont ceux qui estiment que le marketing ne fait que donner un coup d’épée dans l’eau. Ils considèrent cela comme étant une perte de temps pour leur entreprise.

Et je comprends ce point de vue.

Le monde change vite

Il n’est pas rare que l’on voie une entreprise faire un virage à 180° pour s’adapter à l’environnement extérieur.

Avoir une bonne stratégie marketing prend beaucoup de temps alors qu’un événement extérieur peut changer totalement les choses et nous force à revoir toute notre stratégie. L’exemple récent que l’on peut citer, c’est la crise du coronavirus. Les entreprises qui n’étaient pas suffisamment digitalisées ont dû faire un sprint vers la digitalisation pour pouvoir adapter leur communication.

Il en a été de même lors de la création de la RGPD. Les entreprises qui avaient mises en place un système de traitement de données très élaborées ont dû s’adapter rapidement à cette réglementation.

L’environnement est instable et le marketing dépend énormément de l’environnement. Donc je comprends quand certains disent que le marketing est une perte de temps, surtout si la stratégie que l’on avait déployée doit être complètement revue à la suite d’un événement extérieur.

Mais il faut dire à ces personnes que sans marketing, il n’y a pas de vente. Il faut mettre à la poubelle cette idée qui dit que « si le produit est bon, il se vendra tout seul sans avoir besoin de marketing ». On a beau avoir le meilleur produit du monde, si l’on n’a pas un bon marketing à côté, on ne pourra pas le vendre.

Cette impression que le marketing c’est du flanc, elle est aussi accentuée par le fait que c’est une discipline où tout le monde veut donner son avis.

Les avis externes

Quand on fait du marketing il faut s’attendre à ce que tout le monde nous dise comment faire notre travail.

Alors, on est d’accord sur le fait qu’il est utile d’avoir un avis externe.

Mais soudainement, quand on parle de marketing, n’importe qui peut donner un avis d’expert. Les coachs en musculation rencontrent le même problème. Certains se prétendent coach après avoir lu quelques études scientifiques et regardé des vidéos YouTube sur le sujet.

Un marketeur ne va pas dire à un ingénieur « je serais toi je ferais plutôt comme ça ». Ce serait stupide de sa part. Alors pourquoi l’inverse arrive constamment ? (J’ai pris l’exemple des ingénieurs mais c’est aussi vrai pour les autres corps de métiers).

Je tiens tout de même à nuancer mes propos pour pas qu’ils soient mal interprétés.

Oui avoir des avis externes c’est nécessaire, mais faisons-le de la bonne façon.

De mon côté, j’identifie 3 bonnes façons de faire :

  • Votre collègue fait partie de la cible

Si vous avez un collègue qui fait partie de la cible que vous visez, vous pouvez lui demander son avis sur vos actions. Par exemple, après avoir créé la maquette d’un site internet, allez lui faire tester la maquette pour voir comment il réagit devant votre création. Ça vous donne un premier aperçu rapide de la qualité de l’expérience utilisateur.

  • L’instant créatif

Un autre cas où toute opinion est la bienvenue et qui est en général bien apprécié par tous, ce sont les « instants créatifs » comme j’aime les appeler. C’est quelque chose qui a été mis en place chez Le Slip Français notamment mais qui devrait s’appliquer dans toutes les entreprises.

Lors de cet instant créatif, des employés de chaque service sont invités à participer à une réunion dont le but est de proposer des idées.

Pendant 20 minutes, chacun écrit sur des Post It toutes les idées qui lui passent par la tête et ce quel que soit le sujet, le poste concerné, etc. Le but est d’être créatif. En fonctionnant ainsi, on peut recevoir de bonnes idées pour notre démarche marketing. A la fin de ces 20 minutes, on rassemble toutes les idées et on fait un tri.

Dans cette situation-là, oui, donner son avis sur le marketing est plus qu’apprécié par le marketeur.

Et il est important de faire en sorte que tout le monde se sente libre de donner des idées sur n’importe quel sujet. Ça peut être sur la stratégie marketing, sur le management, sur l’optimisation de la production, sur l’amélioration de la salle de repos. Toute idée doit être la bienvenue pendant ces réunions.

  • Un rôle d’éducation

Etant donné que le marketing est une discipline mal comprise, il nous appartient d’expliquer simplement son fonctionnement à nos collègues.

Je peux prendre comme exemple l’entreprise dans laquelle j’ai effectué mon alternance de septembre 2018 à août 2019.

Dans l’entreprise, j’étais le premier salarié à être dédié au marketing. Avant mon arrivée, tout se faisait en externe avec un freelance. Donc mes collègues ne savaient pas trop comment le marketing fonctionnait. Et ils ont d’eux-mêmes adoptés une posture d’apprentissage.

C’est-à-dire que certains venaient me voir pour me demander par exemple : « J’ai vu que tu as fait de la publicité sur Facebook, comment ça fonctionne ? Comment on sait si c’est efficace ? ».

Et j’ai passé beaucoup de temps à leur expliquer comment je travaillais et surtout pourquoi je faisais certaines choses et pas d’autres. Au-delà du « comment » il faut expliquer pourquoi on fait les choses. C’est le « pourquoi » qui permet de comprendre la logique de nos actions. Et en comprenant cette logique, ils peuvent donner des avis bien plus constructifs.

Au-delà de la compréhension de cette logique, il faut aussi leur expliquer comment ils doivent dire les choses. Car même s’ils ont bien cette posture d’apprentissage, ils ont tendance à dire « je serais toi je ferai telle chose ». Il faut leur faire comprendre qu’ils devraient dire « qu’est-ce que tu penses de faire telle chose ? Je pense que ce serait bien de l’inclure dans notre stratégie marketing ».

Tourné ainsi, un avis externe devient une suggestion plutôt qu’un conseil. Et je considère que cette nuance est très importante.

Ensuite, une fois cette suggestion émise, on leur explique si oui ou non on va le faire et pourquoi. Encore une fois, il faut toujours expliquer le « pourquoi ».

Vous connaissez à présent 3 façons de procéder avec vos collègues pour récolter des avis utiles. Mais parfois vous serez amenés à répondre à une autre idée reçue qui est répandue partout : Le marketing n’est pas éthique.

Le marketing est-il éthique ?

Alors là, on aborde un sujet que j’adore et déteste à la fois.

Est-ce que le marketing est éthique ?

Je vais répondre à cette question en deux temps.

L’inutilité du produit vendu

Pour beaucoup, le marketing consiste à nous vendre un produit dont on n’a pas besoin.

Cet argument est totalement faux.

Retournez au chapitre 1 de ce tome et lisez la définition de ce qu’est le marketing. Vous verrez que le but premier du marketing est d’identifier puis de répondre aux besoins des consommateurs.

Si on ne répond pas à un besoin, on ne fera aucune vente. Donc cet argument ne vaut rien.

La question de la rationalité

Cette deuxième partie de la réponse est bien plus intéressante.

Ici je vais répondre à ceux qui affirment que le marketing présente les choses de façon subjective pour mieux vendre. En d’autres termes, ceux qui disent que le marketing déforme la réalité en avançant des arguments irrationnels.

Ces personnes considèrent que pour être éthique, le marketing devrait faire appel à des arguments uniquement objectifs. En fonctionnant ainsi, le consommateur aurait toutes les clés pour faire une décision rationnelle.

Contrairement à la première, cette idée n’est pas vide de sens.

D’ailleurs certains aspects du marketing vont en ce sens. Par exemple, quand vous achetez un PC, il est utile de regarder ses caractéristiques techniques pour faire sa décision d’achat. En fonction de vos besoins, certains PC seront mieux adaptés que d’autres.

Mais si les gens veulent réellement être face à des arguments objectifs, pourquoi faisons-nous appel à des arguments irrationnels ?

Tout simplement parce que l’humain est irrationnel.

Fondamentalement, l’humain n’est pas un être rationnel, nos choix sont basés sur des principes, des valeurs et des expériences qui nous sont personnelles.

Si nous étions rationnels et objectifs, tous nos choix porteraient sur la même chose. Or, ce n’est pas le cas. Si je vous donnais 1000€ maintenant, personne ne les dépenserait de la même façon.

Cela s’explique par le fait que nous sommes irrationnels.

Et heureusement !

Imaginez la vie si tout le monde était complètement rationnel. On serait tout simplement comme des machines, des robots.

C’est là que le marketing est important. Nous faisons des choix irrationnels, donc le marketing doit avancer des arguments irrationnels.

Cela est valable même pour les jeux de hasard tels que les jeux à gratter ou le loto. En soit, quand on joue à ces jeux, on est conscient que nos chances de gagner sont extrêmement faibles. Mais on joue quand même parce que cela nous permet de rêver pendant quelques instants. Ces jeux-là vendent du rêve et rien d’autres.

En regardant le marketing sous cet angle, on comprend que le marketing est éthique. Il répond à la nature humaine qui est irrationnel.

Les pratiques douteuses

Malgré cela il y a effectivement quelques pratiques marketing qui ne sont pas éthiques mais qui sont malheureusement très courantes. Parmi ces pratiques on peut noter le grenwashing, le conscience washing ou encore le traitement des données personnelles quand il n’est pas en adéquation avec la règlementation RGPD.

Il faut tout de même prendre en compte que de nos jours, le consommateur est tellement informé qu’il est risqué pour une entreprise de faire appel à ces techniques. En jouant sur ces créneaux-là elles parient leur image voire même leur survie.

Effectivement, un bad buzz est vite arrivé.

Si je devais résumer cette partie en une phrase je dirais que le marketing n’est pas mauvais en soit, mais tout dépend de ce que l’on en fait.

Et dans la partie qui suit, on va voir que certaines personnes font effectivement du marketing qui n’est pas éthique.

Les experts formateurs

Il y a trop de marketeur qui se prétendent experts dans leur domaine. Si bien qu’aujourd’hui ce mot n’a plus de sens.

Ces gens-là me font plus rire qu’autre chose, mais il faut dire que leur comportement nuit à l’image du marketing.

Être expert, c’est maîtriser son domaine tout en sachant que l’on a encore beaucoup à apprendre.

Trop de personnes s’autoproclament experts sans l’être réellement.

Les maîtres en la matière sont ceux qui proposent des formations en ligne payantes

Alors ceux-là ce sont des génies.

Je rigole toujours quand je vois quelqu’un faire une formation du style pour « gagner 3000€ par mois facilement grâce au dropshipping ».

Ces formations énoncent des promesses qui sont fausses.

Faites toujours attention lorsque vous achetez une formation en ligne.

Certains formateurs sont tout à fait légitimes et proposent de très bonnes formations, mais il y en a beaucoup trop qui ne méritent pas votre attention.

Sachez que pour vous former au marketing, vous pouvez déjà trouver énormément de choses gratuitement sur Internet. Donc soyez vraiment sûr que la formation que vous souhaitez acheter aborde des éléments que vous ne trouverez pas en quelques clics sur Google. #letmegooglethatforyou

Effectivement, quand on regarde de plus près, certaines formations (pas toutes) ne vous apportent pas grand-chose de plus que ce que vous pouvez trouver gratuitement sur internet. Elles font simplement un regroupement d’informations vous permettant de gagner du temps.

Je vous mets ci-dessous une liste des indices vous permettant de repérer si une formation est potentiellement une arnaque :

  • La promesse : si la formation vous promet de l’argent facile, méfiez-vous
  • Le luxe apparent : si le formateur a besoin de montrer sa réussite personnelle en montrant ses Ferrari et sa villa, c’est sûrement que sa formation ne vaut pas grand-chose
  • Le feeling : si vous avez le moindre doute sur le sérieux de la personne, n’y allez pas

Ah oui, et pour vérifier si une formation vaut le coup, évitez de trop vous fier aux commentaires. Il est trop facile de les falsifier.

Pour plus d’informations sur le sujet, je vous invite à visionner cette vidéo de Marketing Mania. Il y analyse un exemple d’arnaque de formation.

PS : petite info supplémentaire, il n’y a pas de “secrets” en marketing. Si un formateur emploie ce mot pour faire la promotion de sa formation… bah encore une fois… méfiez-vous !

Pour résumer

Non le marketing ce n’est pas du vent, c’est une pratique indispensable la vente.

Le marketing est éthique, tout dépend de ce que l’on fait des outils qui sont à notre disposition.

Ayez un regard critique sur les formations en ligne, certaines formations sont très bonnes et d’autres sont tout simplement des arnaques.